1 – Les ensembles de nombres (ℕ, ℤ, ℚ, ℝ)
Comprendre les ensembles de nombres, c’est un peu comme visiter les différents étages de l’univers mathématique.
À chaque niveau, on débloque de nouveaux types de nombres, comme dans un jeu où chaque monde élargit les règles possibles.
1. Les nombres naturels : ℕ
Les nombres naturels sont notre point de départ.
Ce sont ceux qu’on utilise spontanément pour compter et dénombrer : des pommes, des élèves, ou les heures d’attente avant les vacances.
Ils décrivent uniquement ce qui existe ou peut être ajouté.
Pas encore de négatif ici, juste du « zéro ou plus ».
2. Les nombres entiers : ℤ
Un jour, on réalise qu’on ne peut pas toujours se contenter d’ajouter.
Soustraire, c’est possible… mais pas dans ℕ.
Alors on étend notre univers pour accueillir les entiers négatifs.
Les entiers permettent de se déplacer dans les deux sens : gains et pertes, dettes et bénéfices, droite et gauche.
3. Les nombres rationnels : ℚ
À un moment, compter ou soustraire ne suffit plus : on veut partager.
Diviser 1 en 2 parts égales donne , un nombre entre 0 et 1.
Exemples :
- → une moitié
- → trois quarts
- → deux unités et demie en négatif
- → équivaut à
Les rationnels sont les nombres qu’on peut écrire comme un partage : un entier découpé en parts égales.
4. Les nombres réels : ℝ
Pourtant… il restait encore des « zones interdites ».
Certains nombres comme , ou ne s’écrivent jamais comme une fraction.
Ils existent pourtant bien sur la droite des nombres.
Ici, le symbole “” signifie simplement que tout nombre d’un ensemble fait aussi partie du suivant.
Les irrationnels (comme ou ) sont réels mais non rationnels.
Leurs décimales ne se répètent jamais.
2 – Manipuler les ensembles : bases indispensables
Maintenant qu’on connaît les grands ensembles de nombres, il faut apprendre à s’y déplacer :
vérifier si un nombre appartient à un ensemble, lire les notations, comprendre les intervalles et les domaines…
Cette section donne les bases qui serviront dans tout le reste des mathématiques.
1. Appartenance et non-appartenance
Notations essentielles :
- : x appartient à l’ensemble A
- : x n’appartient pas à A
Exemples :
- mais
Savoir si un nombre appartient à un ensemble, c’est vérifier qu’un calcul a du sens dans un cadre donné.
2. Les intervalles : découper la droite réelle
Un intervalle est une partie continue de la droite réelle.
On utilise des parenthèses ou crochets pour dire si les bornes sont incluses ou non.
Les différentes formes
Un intervalle contient tous les nombres entre et .
La seule chose qui change selon la notation, c’est si les bornes et sont incluses ou non.
| Notation | Type | Bornes incluses ? |
|---|---|---|
| fermé | et inclus | |
| ouvert | ni ni inclus | |
| mixte | inclus, non inclus | |
| mixte | non inclus, inclus |
Par exemple, contient tous les nombres entre 0 et 5 (comme 1, 2, 3, , 4,999 …), ainsi que 0 et 5 eux-mêmes.
Exemples :
3. Bornes, majorants et minorants
Ces notions décrivent des limites d’un ensemble.
Minorant
est un minorant de si pour tout .
Majorant
est un majorant de si pour tout .
Exemple :
Dans cet exemple, l’ensemble considéré est : A={−3, −1, 1, 2, 5} Chaque élément de A est représenté par un point bleu sur la droite réelle. En déplaçant la souris, tu fais bouger une barre verticale qui joue le rôle d’un candidat majorant ou minorant :
- La barre devient verte lorsqu’elle se trouve à gauche de tous les points : elle est alors un minorant de l’ensemble.
- Elle devient rouge lorsqu’elle est à droite de tous les points : elle est alors un majorant.
- Lorsqu’elle se situe entre certains points, elle n’est ni majorant ni minorant.
Deux traits bleus indiquent enfin l’infimum et le supremum, c’est-à-dire les bornes naturelles de l’ensemble : la position la plus à gauche (inf(A)) et la plus à droite (sup(A)).
Bornes (les plus “serrées”)
Pour :
Aucun des deux n’appartient à .
4. Union, intersection, différence
Ces opérations permettent de combiner des ensembles.
Intersection :
Ce que et ont en commun.
Ex : .
Union :
Tout ce qui est dans ou dans .
Ex : .
Différence :
Ce qui est dans mais pas dans .
Ex : .
5. Domaines de définition : quand un calcul est autorisé ?
Déterminer le domaine d’une expression, c’est préciser pour quels nombres le calcul est possible.
Exemples classiques
| Expression | Interdit | Domaine |
|---|---|---|
Les exclusions sont essentielles pour éviter les contradictions (division par zéro, racine négative…).
3 – Résumé global
| Notion | Rôle |
|---|---|
| ℕ, ℤ, ℚ, ℝ | Les grands “mondes” des nombres |
| Appartenance | Savoir si un nombre vit dans un ensemble |
| Intervalles | Découper la droite réelle |
| Bornes | Limites inférieure et supérieure |
| Union / intersection | Combiner les zones |
| Domaine | Où un calcul a du sens |
Cet ensemble d’idées constitue la base solide pour la suite : puissances, racines, équations, fonctions, dérivées…